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LIVRES
FORMES ET CYCLES
COSMIQUES
INDEX

Quelques remarques sur la doctrine des cycles cosmiqes (E. T. 1, Oct- I938). p. 13
Comptes rendus : p. 25
Mircea Eliade : Le Mythe de l'éternel retour p.(E. T., déc. I 949) - p.25
Gaston Georgel: Les Rythmes dans l'Histoire p.(E. T-, Oct- I937)- p. 28
Atlantide et Hyperborée (V. d'L, oct. 1929). p. 35
Place de la tradition atlantéenne dans le Manvantara
p.(V. d'L, août-sept. 1931)- p. 46
Quelques remarques sur le nom d'Adam
(V. d'I, déc. I931)- p. 55
Qabbalah (V. d'L, mai 1933)- p. 61
Kabbale et science des nombres (V. d'L, août SePt- I933)- p. 67
La Kabbale juive de Paul Vulliaud (Ignis, I925). p. 81
Le Siphra di-Tzeniutha (V. d'I, déc. I930)- p. 105
Marcel Bulard : Le Scorpion, symbole du peuple juif. (E. T-, juill- I 936). p. 111
Charles Marston : La Bible a dit vrai (E. T. déc. I936). p. 113
La Tradition hermétique (V. d'I, avril 193l)- 119
Hermès (V. d'I, avril I939)- p. 128
Le Tombeau d'Hermès (E. T., déc. 1936). p. p.138
Enel : Les Origines de la Genèse et l'enseignement
des Temples de l'ancienne Égypte (E. T., nov. 1936). p. 149
Enel : A Message from the Sphinx (E. T., nov. I937). p. 151
Xavier Guichard : Éleusis-Alésia (E.tT.,juin I938)- p. 156
Noël de La Houssaye : Les Bronzes italiotes archaïques et
leur symbolique (E. T.,janv. I945)- p.163
Noël de La Houssaye : Le Phoenix, poème symbolique (E. T., janv. I945)- p. 165
Lettres d'Humanité (E. T., janv.-févr. I948). p. 166
Georges Dumézil : L'Héritage indo-européen à Rome (E. T., déc. I949)- p. 172


QUELQUES REMARQUES SUR LA DOCTRINE DES CYCLES COSMIQUES

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Nous envisagerons maintenant les divisions d'un Manvantara, c'est-à-dire les Yugas, qui sont au nombre de quatre; et nous signalerons tout d'abord, sans y insister longuement, que cette division quaternaire d'un cycle est susceptible d'applications multiples, et qu'elle se retrouve en fait dans beaucoup de cycles d'ordre plus particulier : on peut citer comme exemples les quatre saisons de l'année, les quatre semaines du mois lunaire, les quatre âges de la vie humaine; ici encore, il y a correspondance avec un symbolisme spatial, rapporté principalement en ce cas aux quatre points cardinaux. D'autre part, on a souvent remarqué l'équivalence manifeste des quatre Yugas avec les quatre âges d'or, d'argent, d'airain et de fer, tels qu'ils étaient connus de l'antiquité gréco-latine : de part et d'autre, chaque période est également marquée par une dégénérescence par rapport à celle qui l'a précédée; et ceci, qui s'oppose directement à l'idée de « progrès » telle que le conçoivent les modernes, s'explique très simplement par le fait que tout développement cyclique, c'est-à-dire en somme, tout processus de manifestation, impliquant nécessairement un éloignement graduel du principe, constitue bien véritablement en effet, une « descente », ce qui est d'ailleurs aussi le sens réel de la « chute » dans la tradition judéo-chrétienne.

D'un Yuga à l'autre, la dégénérescence s'accompagne d'une décroissance de la durée, qui est d'ailleurs considérée comme influençant la longueur de la vie humaine; et ce qui importe avant tout à cet égard, c'est le rapport qui existe entre les durées respectives de ces différentes périodes. Si la durée totale du Manvantara est représentée par 10, celle du Krita-Yuga ou Satya-Yuga le sera par 4, celle du Trêtâ-Yuga par 3, celle du Dwâpara Yuga par 2, et celle du Kali-Yuga par 1 ; ces nombres sont aussi ceux des pieds du taureau symbolique de Dharma qui sont figurés comme reposant sur la terre pendant les mêmes périodes. La division du Manvantara s'effectue donc suivant la formule 10 = 4+3+2+1, qui est, en sens inverse, celle de la Tétraktys pythagoricienne : 1+2+3+4=10 ; cette dernière formule correspond à ce que le langage de l'hermétisme occidental appelle la « circulature du quadrant», et l'autre au problème inverse de la « quadrature du cercle », qui exprime précisément le rapport de la fin du cycle à son commencement, c'est-à-dire, l'intégration de son développement total; il y a là tout un symbolisme à la fois arithmétique et géométrique, que nous ne pouvons qu'indiquer encore en passant pour ne pas trop nous écarter de notre sujet principal.
Quant aux chiffres indiqués dans divers textes pour la durée du Manvantara, et par suite pour celle des Yugas, il doit être bien entendu qu'il ne faut nullement les regarder comme constituant une « chronologie » au sens ordinaire de ce mot, nous voulons dire comme exprimant des nombres d'années devant être pris à la lettre; c'est d'ailleurs pourquoi certaines variations apparentes dans ces données n'impliquent au fond aucune contradiction réelle. Ce qui est à considérer dans ces chiffres, d'une façon générale, c'est seulement le nombre 4.320, pour la raison que nous allons expliquer par la suite, et non point les zéros plus ou moins nombreux dont il est suivi, et qui peuvent même être surtout destinés à égarer ceux qui voudraient se livrer à certains calculs. Cette précaution peut sembler étrange à première vue, mais elle est cependant facile à expliquer : si la durée réelle du Manvantara était connue, et si en outre, son point de départ était déterminé avec exactitude, chacun pourrait sans difficulté en tirer des déductions permettant de prévoir certains événements futurs; or, aucune tradition orthodoxe n'a jamais encouragé les recherches au moyen desquelles l'homme peut arriver à connaître l'avenir dans une mesure plus ou moins étendue, cette connaissance présentant pratiquement beaucoup plus d'inconvénients que d'avantages véritables. C'est pourquoi le point de départ et la durée du Manvantara ont toujours été dissimulés plus ou moins soigneusement, soit en ajoutant ou en retranchant un nombre déterminé d'années aux dates réelles, soit en multipliant ou divisant les durées des périodes cycliques de façon à conserver seulement leurs proportions exactes; et nous ajouterons que certaines correspondances ont parfois aussi été interverties pour des motifs similaires.